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ALICE AU PAYS DES MERVEILLES de TIM BURTON
Sans dégâts dès : 10 ans - Âge conseillé : 12 ans
DUREE |
109 minutes |
MONTAGE |
Film de 2010. On découvre Alice enfant qui se plaint de cauchemars, puis une ellipse nous emmène 15 ans plus tard, dans une Angleterre qui veut la marier. Elle va retomber dans le trou... et dans le pays des "merveilles". Il y a perte des repères, de nombreux effets spéciaux impressionnants et un esthétisme de qualité (en dehors de quelques maladresses autour de Ilosovic Stayne, le valet de coeur qui, en synthès,e est parfois mal réalisé).
C'est important de connaître la première histoire, car celle-ci est la suite et pas un remake. On y fera référence, avec un petit retour en arrière avec Alice enfant. |
MESSAGE |
Importance de l'étincelle au fond de soi. Avoir une force intérieure qui nous permet de nous positionner, de s'affirmer, d'oser. Penser différemment. Aller à l'encontre des règles établies (quand elles sont stupides). On n'est pas obligé de suivre le chemin, on peut aussi le faire.
Quête du soi, question existentielle "Suis-je la bonne Alice?". Avec un embryon de réponse : nous ne sommes pas une personnalité construite une fois pour toutes, nous évoluons dans l'expérience. Il y a plusieurs Alice possibles, c'est à nous de faire le choix de ce que nous voulons devenir.
Amour : La jeune fille face aux avances, qui doit pouvoir se positionner contre son mariage arrangé. La jeune fille prise dans des jeux de relations malsaines. En refusant les avances du valet de coeur, il la fait condamner par la reine en prétendant qu'elle tente de les séparer. Une ambivalence amoureuse, entre Alice et le Chapelier qui lui demande de rester. On a ici une ode à l'abstinence tant que l'on n'est pas certain du bonhomme.
Critique des familles qui veulent imposer des choses à leur enfant (ici ce sont des règles de société, comme le corset, ou un mariage arrangé...). Critique des codes bourgeois.
Importance de la transmission familiale. Alice est comme son père, elle en a hérité les qualités, elle se sent porteuse de son message, elle va d'ailleurs continuer son travail, en osant même aller plus loin...
Alice est toujours dans ce temps où elle n'a pas la bonne taille. Trop grande ou trop petite, avec des habits qu'elle doit sans cesse changer. Métaphore d'un état pas encore adulte, d'une position inconfortable. Jusqu'au moment où elle ose se positionner, qu'elle est reconnue dans le monde de l'adulte où elle peut aller discuter boulot.
L'apparence : un thème bien présent chez Burton qui a souvent été du côté des personnes différentes. Ici c'est moins clair... La reine de coeur, avec sa grosse tête infirme déteste sa jolie soeur qui a toujours tout pu avoir avec ses clignements de cils. Le prétendant d'Alice, qui se fera remballer, est un moche rouquin. On glisse dans une critique du laid, du handicap, mais ce monde est aussi constitué de fous, de monstres ou de laids qui font partie des gentils, ce qui peut compenser...
La guerre est un problème de succession, elle est ici entre deux soeurs. Pour rallier les gens à sa cause, la reine de coeur inspire la crainte plutôt que l'amour, tandis que sa cadette saura utiliser sa beauté pour se mettre les gens dans sa poche... et si tout cela était en fait induit par la relation qu'on a eue avec ses parents ?
Film contre la peine de mort (les têtes coupées ne sont pas une bonne idée). Il existe d'autres moyens pour punir, la condamnation à l'exil, être sans amis, et c'est presque pire.
Les messages ne sont pas manichéens, si on condamne la peine de mort, Alice est pourtant obligée de couper la tête du dragon pour offrir la victoire. On lutte contre la reine rouge, mais la reine blanche à l'air d'avoir certaines lubies pas nettes (on découvre ses talents de sorcellerie quand elle prépare le liquide Riquiqui, sa gestuelle est une maîtrise constante de ce qui est beau), l'histoire des deux reine est esquissée, on se rend compte que l'on a pas seulement affaire au bien contre le mal.
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SCENES DIFFICILES |
L'environnement créé par Tim Burton est magique, mais sombre, inquiétant, opressant. Le "Pays des Merveilles" a été dévasté par une guerre, beaucoup d'endroits sont en ruines, maisons calcinées, moulin décrépit.
Les personnages ne sont pas en sécurité, ils craignent la reine de coeur. Elle envoie ses gardes et ses monstres les attaquer. Le Bandersnatch, sorte d'énorme chat à la face aplatie et dentée qui griffera Alice et se fera arracher un oeil; un oiseau énorme qui emportera Tweedledee et Tweedledum dans une voltige aérienne. Le Jabberwocky un dragon noir à la langue fourchue apparaîtra lors du combat final. Ces monstres sont très réalistes et impressionnants.
La reine a une tête proéminente et gens de sa cour se rendent difformes pour lui plaire. Tout le monde a peur de se faire couper la tête au moindre faux pas. Lors d'une séance d'interrogatoire où la tension se lit dans les yeux des personnages, on verra une grenouille se faire condamner parce qu'elle avait mangé le gâteau de la reine. Elle fait pression sur le chien Bayard qui craint pour la vie de sa femme et de ses enfants emprisonnés. Les jumeaux vont réapparaître à la cour marqués sur le front d'un coeur qui évoque une marque au fer rouge. Le chapelier se fera condamner à mort, on verra son exécution (mais la tête coupée à la guillotine ne sera pas vraiment la sienne...). On devinera la tête du roi, coupée pour ne pas qu'il abandonne sa femme...
Différents combats ou poursuites : à l'épée contre le valet au visage marqué de cicatrices qui a un bandeau en forme de coeur sur l'oeil gauche.
Différents moments tendus pour Alice : sa chute dans un trou qui n'en finit pas. Différentes fuites, risque de tomber dans le vide. Elle doit marcher sur des têtes coupées qui flottent dans un liquide noirâtre pour traverser les douves du château. Elle doit dire non aux hommes qui sont autour d'elle.
Le chapelier a un côté obscur et fâché qu'il laisse parfois entrevoir quand sa voix change devient plus grave, agressive. Le chapelier est étrange avec ses yeux à pupilles follement dilatées.
Il existe un secret autour ce qu'a fait la reine rouge, c'est pesant. On apprendra ensuite qu'elle a envoyé un dragon contre les gens de sa soeur. On verra la scène, le feu, des cris, une personne qui reçoit les flammes et qui est désintégrée. |
VOCABULAIRE |
Il y a des termes complexes et inventés. |
Commentaires : Un film impressionnant qui peut se voir en 3D, mais cela n'apporte pas grand-chose au film (on peut avoir une impression de tête pesante, ça assombrit l'éclairage et diminue les détails des scènes). C'est un Disney, c'est peut-être pour cela que Burton n'a pas pu se lâcher dans son véritable côté gothique noir et cynique et à dû imaginer une fin heureuse.
La perte de repères créée par le monde onirique et étrange de cet univers en fait un film plutôt pour les plus grands. A savourer sans modération !
Ce que disent les autres: Pour la commission cinéma, l'âge suggéré est 10 ans "Adapté librement des aventures de "Alice au pays des merveilles" (1865) et de "Alice à travers le miroir" (1871) de Lewis Carroll, le film de Tim Burton met en scène des personnages emblématiques de la littérature pour enfants et impose un univers visuel fascinant. Et quand Tim Burton rencontre Lewis Carroll, cela donne un produit spectaculaire ! Les amateurs du genre seront donc comblés. La dimension psychanalytique de l’écrivain est certes estompée au profit du baroque visuel du cinéaste et les effets spéciaux amplifient le caractère onirique et fantastique du film. Cela dit, subsiste la désagréable impression (comme souvent avec ce type de films en 3D) que la forme prévaut sur le fond, que la technique l’emporte sur le scénario. Chacun pourra donc lire cette production à son niveau. Les enfants n’auront pas de peine à se repérer dans les personnages - les bons et les méchants - tant les codes sont clairs et les quelques scènes porteuses d’une certaine “violence de dessin animé” d’un monde imaginaire ne les perturberont pas. Par contre l’atmosphère est sombre et l’ambiance générale peut être angoissante pour les petits, ces impressions étant accentuées par les effets spéciaux et la vison en 3D. A noter que la méchante reine est la seule à être difforme, ce qui peut s’expliquer pour la schématisation du propos, mais peut aussi être vu comme une stigmatisation des personnes handicapées. La vision en 3D avec les lunettes reste inconfortable et la technique n’est pas encore véritablement au point (profondeur de champ gênante). Enfin, ce film est assez long pour les petits."
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