ACCUEIL

 

LES FILMS

 

THEORIE

 

LES LIENS

 

 

 

 

 

 
   

L'illusionniste de Sylvain Chomet pour quel âge en DVD ?

L'ILLUSIONNISTE

Sans dégâts dès : 11 ans - Âge conseillé : 13 ans

DUREE
80 minutes
MONTAGE

Un film d'animation classique, avec de rares effets de synthèse (qui n'auraient pas été nécessaires). Cadrage généralement de plein-pied, pas de gros plans, rythme plutôt lent. Une introduction en noir et blanc, puis un film plutôt dans les couleurs terre ou gris-vert, mais avec des variations de lumières. Codes du cinéma muet.

L'illusionniste ne s'appelle pas Tatischeff pour rien, le film est tiré d'un scénario de Jacques Tati qui se voyait jouer ce personnage. Impressionnant travail de gestuelle, physique sur sa personne, que l'on vit vraiment comme étant Tati (un clin d'oeil, dans un cinéma où l'on voit un extrait de "Mon oncle").

MESSAGE

Découverte historique et géographique : fin des années 50 en Ecosse. Le début du rock'n'roll, l'apparition de l'électricité dans les contrées perdues et du Juke-box dans les tavernes. On lave encore le linge à la main et la télévision apparaît.

Disparition du music-hall (clown, ventriloque ou illusionniste ont la vie dure et vont tous finir par laisser tomber le métier...). Dans un premier temps, l'illusionniste doit partir jouer à l'étranger, dans des petites villes ou des tavernes complètement perdues, dans une garden-party où les gens ne le regardent même pas. Il se retrouve à devoir chercher d'autres emplois, à accepter de jouer à l'illusionniste publicitaire, habillé de rose pour faire apparaître ou disparaître parfums ou soutien-gorges. Les funérailles d'un monde...

Importance du relationnel, on va suivre un personnage qui va se transformer au contact de l'autre. Une relation intime entre un homme d'âge mûr et une jeune fille. On va les percevoir comme père et fille (il garde toujours avec lui la photo d'une enfant, certainement sa propre fille). Le besoin de remplir l'absence. Une relation qui pourrait prêter à confusion (déformation professionnelle...) quand, alcoolisé, il décide de rentrer dans sa chambre (il en ressortira aussitôt), où quand il disparaît quand elle commence à fréquenter un jeune homme, on peut aussi imaginer que l'homme a en lui d'autres sentiments qu'uniquement paternel... une ambiguïté subtile.

Les femmes sont attirées par les habits, les cadeaux, elles aiment regarder les jolis produits dans les vitrines. Il ne faut pas confondre magie et société de consommation.

"Les magiciens n'existent pas" finira-t-il par avouer à sa meilleure admiratrice, en message d'adieu. Certainement parce qu'elle va devoir dire adieu au monde de l'enfance, aux bonbons, ... son père de substitution va la quitter, maintenant qu'elle a rencontré son bel Apollon, maintenant qu'elle devient femme.

Une fin sans happy end, l'artiste tire sa révérence comme il semble avoir vécu, seul, en toute discrétion, les lumières s'éteignent les unes après les autres...

L'espoir réside peut-être dans le générique de fin, quand on entend une chanson qui reprend les voix de Brel, Piaf, Gainsbourg, ... pour nous rappeler qu'il y a encore des faiseurs de rêve.

SCENES DIFFICILES

Film mélancolique, avec beaucoup de moments durs.

Le scénario nous projette dans une histoire qui n'est pas expliquée avec des mots. On ressent les images, et cela peut être compliqué pour les plus jeunes qui auront certainement besoin d'explications pour beaucoup de choses.

Les artistes souffrent. Nous découvrons des professions qui ont de la peine à gagner de l'argent (qui se font arnaquer par les autres). Des scènes où l'alcool est présent, certainement pour oublier les difficultés. Nous découvrirons le personnage du clown dans une scène pathétique où il est prêt à se pendre en écoutant sa musique de cirque (un peu auparavant, ce doit être lui que l'on a vu se faire rouer de coups par une bande d'enfants...). Autant le ventriloque que l'illusionniste vont devoir vendre leur matériel de scène. On retrouvera le ventriloque en mendiant, à moitié inconscient, dans une ruelle où un chien avec les pattes arrière mises sur roulette rend le moment encore plus pesant.

Une scène où Alice va sur la route sans se rendre compte du danger des voitures, on peut l'imaginer se faire écraser.

Les sacrifices de Tatischeff qui n'a pas d'argent mais qui achète ce que veut Alice pour lui cacher, lui éviter les difficultés de la vie.

VOCABULAIRE
Très peu de dialogues. Des bribes de français (l'illusionniste) ou d'anglais (Alice), quelques baragouinages.

Commentaires : Un film plein de poésie et de mélancolie. Triste et beau.

Deux critiques de lecture au premier degré : Le groupe de rock qui vole la vedette à l'illusionniste et qui par-là se rend peu sympathique à nos yeux, est montré adulé par des demoiselles et montrés au naturel à travers des allures d'homosexuels maniérés (légèrement stéréotypant...). - On peut être pris dans un premier degré où la femme est juste une bonne à tout faire, accrochée à l'homme qui l'entretient et sans qui elle a peu de prise sur le monde réel. La femme est ici principalement intéressée par le paraître et a besoin de se faire offrir ce qui l'attire dans les magasins.

Des thèmes éloignés des préoccupations de votre enfant (enfin, espèrons-le), mais c'est tellement rare de voir ce type d'animé que le "sans dégâts" et "âge conseillé" est un peu baissé. Le film est plutôt pour les adultes, où les adolescents.

Ce que disent les autres: Pour la commission cinéma, l'âge conseillé est 14 ans "Les changements culturels de l’après-guerre voient l’avènement de mouvements artistiques nouveaux, qui marquent la fin des spectacles de music-hall traditionnels. L’histoire d’artistes vieillissants d’un art sur le déclin et qui courent le cachet devant un public fort dégarni est forcément empreinte de nostalgie et de tristesse. Le clown tente même de se suicider. Il faut signaler quelques scènes où les personnages s’alcoolisent fortement et celles où ils fument (ce qui est usuel dans le contexte de l’époque). En évoquant l’irrémédiable passage du temps, l’illusionniste est très clairement destiné aux adultes. En effet, la lenteur du rythme, mais surtout l’atmosphère de tristesse et de désillusion qui émane de ce film, risquent de provoquer l’incompréhension des plus jeunes face à cette histoire de fin d’une époque. Le film a été conçu et réalisé par Sylvain Chomet (Les triplettes de Belleville) d’après un scénario original et inédit de Jacques Tati, écrit entre 1956 et 1959. L’illusionniste est une réussite sur les plans esthétique, musical, culturel et cinématographique. Il constitue un magnifique hommage à Jacques Tati, avec de la tristesse mais aussi de la douceur, de la tendresse, de la poésie et de l’humour (en particulier dans le personnage de la rock star adulée par les fans en délire)."