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Le monde des dessins animés et la télévision en général, véhicule de nombreux stéréotypes autour des genres masculin et féminin. Ici vous trouverez des articles qui traitent de ce sujet. Pour avoir une idée de pourquoi votre enfant a commencé à aimer les robes de princesse ou les dragons ...

 

 

Pourquoi existe-t-il des dessins animés qui montrent des petits garçons qui construisent des appareils extraordinaire et des petites filles qui savent bien s'habiller ?

Peut-être parce que le public demande cela ?

L'IDENTIFICATION

" Généralement, à partir de six ans, au sortir de la crise oedipienne, le choix des héros est fonction du sexe de l'enfant. Auparavant, les identifications sont nettement moins sexuées. Les concepteurs proposent aux plus jeunes des héros anthropomorphes qui leur rappellent leur « doudou » préféré : ourson, lapin, tortue, souris. Rondeur et douceur sont de mise : l'aspect maternel, rassurant, plaît aux petits.

Dès que l'enfant marche et se sent indépendant, il réclame des personnages plus toniques, plus typés, dont il peut rapidement distinguer qu'il s'agit d'une fille ou d'un garçon. Notons que Mickey, malgré l'apparition de Minnie dès Steamboat Willie, le premier dessin animé sonore, en 1928, a été, comme Tintin, l'objet d'identifications massives, tant des garçons que des filles. (...) L'unanimité se faisant sur la sympathie dégagée par les deux héros. Ce sont leurs attitudes à la fois enfantine et adulte - sans âges, pourrait-on dire - qui rendent possible l'identification par tous." 1.

 

" Les comportements de chaque enfant seront le reflet de ses composantes individuelles - son tempérament - et de sa manière à entrer en relation avec les autre - son caractère. Ainsi, chacun préférera une certaine catégorie de personnages, dans laquelle il choisira un ou plusieurs héros. Généralement, son héros appartient au même sexe que lui. Mais c'est à la sortie de la crise oedipienne et en entrant à l'école que cette appartenance psychique se détermine avec le plus de netteté. Avant, plus l'enfant est jeune et plus il joue indifféremment le rôle d'un papa ou d'une maman, qu'il soit fille ou garçon. (...)

Les identifications se mettent en place de façon oscillatoire, jusqu'à ce que l'enfant ait trouvé les caractéristiques lui convenant, qui formeront sa personnalité.Certains parents ont tendance à s'opposer aux préférences de leurs enfants et à leur imposer des jeux de l'autre sexe, pour éviter une éducation sexiste. C'est une erreur ! Inversement, un garçon qui joue à la poupée ne doit pas faire craindre à ses parents - car c'est bien de crainte qu'il s'agit - qu'il se prend pour une fille : il n'est pas nécessaire de l'endurcir. De même, une fille qui aime jouer au cow-boy ne se prend pas forcément pour un garçon ! L'enfant s'essaye à ce qui se présent à lui ; ensuite, il choisit. " 2.

 

Mais si l'enfant demande de voir des personnages auxquels il pourrait s'identifier, c'est à nous parents d'être attentifs à montrer des films où les différences entre les hommes et les femmes ne les enferme pas dans des rôles pré-établis.

C'est facile de montrer la maman qui s'occupe toujours de ce qui est repas ou lessive...

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Dans l'âne Trotro, (une série pour les tout petits) la maman en robe rose, gère tout ce qui est cuisine ou lessive... pour ce qui est domestique, le papa ira faire les courses.

 

On trouve des situations stéréotypantes pour créer des scènes pleine d'"humour", pour faire comprendre plus facilement une situation, parce que parfois le film date un peu, parce qu'il a été créé par des personnes qui n'avaient pas l'impression que la femme avait le droit de faire autre chose que d'élever les enfants et faire le ménage... (par exemple, dans les publicités qui doivent en un temps record faire passer un message, les stéréotypes abondent).

 

" (...) la série américaine Archie, mystère et cie, destinée aux dix-douze ans, et qui prétend refléter le monde des enfants de cet âge, renforce le sexisme par des petites phrases assassines du genre : « Elle n'est pas trop bête pour une fille... » ou « Pas trop macho pour un garçon ». Mine de rien, ces dialogues distillent des stéréotypes dont tout le monde aimerait se défaire, mais qui persistent malgré les aménagements légaux de non-discrimination.

Les dessins animés qui proposent cette sorte de situation sont ceux que l'on pourrait qualifier de « mimétiques ». Ils n'offrent pas aux enfants suffisamment de distance avec leur vie courante pour leur permettre de jouer avec l'image." 3.

La télévision devient une nouvelle fenêtre sur le monde, et même si dans votre ménage vous arrivez à montrer que ce n'est pas forcément maman qui, après avoir fait le repas, s'occupe de la vaisselle et des autres tâches domestiques pas encore terminées, le temps de coucher les enfants...

"On a pu montrer à plusieurs reprises et de manière convaincante que la télévision a une influence sur la conception des enfants vis-à-vis de la réalité sociale (Dorr, 1982 : Hawkins et Pingree, 1982 ; Dorr-Leifer, 1975 ; Noble, 1975).

Un des effets qu'elle peut avoir est de favoriser les stéréotypes au sujet de thèmes sociaux comme les rôles respectifs des hommes et des femmes. Aux Etats-Unis, l'analyse du contenu des programmes a montré que la télévision présente généralement des visons très stéréotypées des rôles masculins et surtout féminin, et des études ont mis en évidence que, déjà l'âge de trois ans, les enfant qui regardent assidûment la télévision ont des vues plus stéréotypées des deux sexes que les enfant qui la regardent moins (Greenberg, 1982, p.136). Les enfants retiennent simplement ce qui est présenté à la télévision américaine, à savoir les stéréotypes relatifs aux rôles sexuels. Georges Gerbner, un pionnier de l'analyse du monde social dépeint par la télévision américaine, a résumé ses conclusions de la manière suivante : « Les personnages masculins aux heures de grande écoute sont trois fois plus nombreux que les femmes, et, à   peu d'exception près, les femmes y sont décrites comme des satellites faibles et passifs d'hommes efficaces et puissants. Les personnages masculins jouent également une grande variété de rôles, tandis que les femmes sont généralement montrées en tant qu'amante ou mère. À la télévision, moins de 20% des femmes mariées ayant des enfants travaillent hors de la maison - alors qu'elles sont plus de 50% dans la vie réelle » (Walter, 1982). (...)" 4.

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Dans Bambi ©Disney, créé en 1942, on ressent qu'il y a eu quelques révolutions entre la vie de ces personnages et la nôtre. Notre rapport aux parents a bien changé, enfin, nous l'espérons...

Aujourd'hui les scénaristes peuvent être sensibles à cette question : Dora, Ariel, Mulan, Jasmine, Belle, Mai, ... Les petites filles n'ont pas que des Minnie ou Daisy comme héroïne. Il y a peut-être encore un effort à faire pour que les mamans ne soient pas toujours celles qui préparent le repas en jupe...

Mais les stéréotypes, ne se limitent pas à la différence entre les hommes et les femmes... Nous espérons bientôt aussi vous parler de la représentation des "gros", qui se retrouvent souvent attribués aux rôles soit comiques soit méchants; des vieux monsieurs barbus souvent doux et gentils; des voix typées africaines pour des personnages comiques, ... Les stéréotypes sont partout, et surtout dans les dessins animés...

 

 

1. "Psychanalyse des dessins animés". Geneviève Djénati. L'Archipel, Paris, 2001

2. "Psychanalyse des dessins animés". Geneviève Djénati. L'Archipel, Paris, 2001 p. 163

3. "Psychanalyse des dessins animés". Geneviève Djénati. L'Archipel, Paris, 2001 p.165

4. "L'enfant et les médias. Patricia". M. Greenfield - Jean Retschitzki. Editions universitaires Fribourg Suisse, 1988 p.39